Comment ne pas déprimer à Noël ?

Ah !
Noël !
Ses chansons niaises, ses vitrines féeriques, ses cadeaux magiques !
Cette date évoque tant de choses pour beaucoup d’entre nous.
Mais, plus précisément, qu’évoque donc cet énième anniversaire de la naissance de notre bon ami Jésus ?
Pour répondre à cette question, les êtres humains se divisent généralement et bien sagement en deux catégories :

1. Il y a ceux qui attendent la fin de l’année avec impatience, laquelle leur donne l’occasion de s’empiffrer jusqu’à s’en éclater l’organe stomacal et de faire montre de leur générosité.

2. Et les autres : ceux qui dépriment à l’idée de participer à l’étalage de bons sentiments, de passer la sacro-sainte soirée en famille et qui en viendraient presque à envier ce bon vieux Rémi (cf. Hector Malot).

En même temps, comment ne pas déprimer à Noël ?

Déjà, c’est un peu la commémoration de la naissance de quelqu’un qui :
1. est mort un peu prématurément,
2. dans une position pas hyper confortable,
3. après quelques coups de fouet savamment donnés,
4. pour avoir voulu fonder une secte avec quelques copains.

Pour avoir ne serait-ce que le sourire aux lèvres le 24 décembre au soir, il faut être soit complètement inculte, soit cynique, soit très chrétien (lequel aime bien se flageller en s’imposant ce genre d’épreuves).

Il suffit ensuite de se pencher sur nos assiettes et d’en examiner le contenu pour admettre qu’il faut un estomac bien accroché pour s’empiffrer des mets divers et variés qui nous sont offerts en pâture ce soir-là, à savoir :
- des huîtres, mollusques encore tout frétillants qui, après s’être fait arroser la tronche de vinaigre, seront lentement digérés dans nos estomacs,
- du foie d’oies ayant sombré dans l’alcoolisme (plus campagnard que mondain),
- des volailles qui ont passé 95% de leur vie à se briser les ailes sur les parois de leurs cages trop étroites (les 5% restants se situant peu après leur naissance, quand des moignons leur faisaient offices d’ailes)… j’en passe et des pires.

Si après tout ça, vous avez le cœur aussi léger que votre estomac est lourd, je ne peux plus rien pour vous.

Mais si, au contraire, vous êtes en proie à une semi-dépression nerveuse, sachez que quelques coups d’œil jetés à la décoration environnante ne vous aideront pas à remonter à la surface.

Il suffit d’examiner les pères Noël qui, depuis quelques années, ont pris la fâcheuse habitude de ne plus utiliser nos cheminées pour acheminer nos cadeaux, préférant se la jouer Lara Croft et escaladant lamentablement les façades de nos immeubles et pavillons.
Résultat : nombreux ratent leur sortie et finissent pendus à nos balcons, en pleine ville, au su et au vu de tous.

Il faut toutefois leur reconnaître une certaine décence : au lieu de s’échouer piteusement sur le trottoir, ils restent mollement suspendus au-dessus du vide, ce qui permet de ne pas avoir à les chevaucher lorsqu’on pose le pied hors de chez soi (parce qu’entre les SDF et les déjections canines, ça fait suffisamment parcours du combattant comme ça).

Et que dire des guirlandes électriques, plus « fuck la planète » que développement durable, qui rappelleront à tout dépressif qui se respecte qu’en ces moments de fête, on participe aussi et encore au réchauffement climatique, et donc à la disparition du tigre blanc et de son copain l’ours polaire, à Katrina, au(x) tsunami(s)…

Et ne pensez pas que si vous atteignez le mois de janvier, vous serez tirés d’affaire. Les cimetières de sapins que vous devrez traverser pour vous rendre au travail (j’espère qu’en plus vous n’êtes pas au chômage) vous remémoreront ces agréables moments de barbarie collective auxquels vous avez, vous aussi, apporté votre modeste mais non négligeable contribution.

Sur ce, je vous souhaite une très bonne année 2008.

Galinette

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