J’habite un vieil appartement. Les fenêtres sont en bois plus (ou moins) vermoulu. Et simple vitrées. Avec le vent en stéréo donc. Et le froid en dolby.
Donc, cette année, j’ai dit stop. Cette fois-ci l’hiver n’aura pas ma peau. Ni mes bronches.
Je me suis donc rendue dans un grand magasin de bricolage et ai marmonné à l’un des hommes en bleu (version sans képi ni matraque) : « euh… je voudrais une sorte de pâte, enfin de mastic, je-sais-pas-comment-ça-s’appelle, pour boucher les fenêtres et ne pas avoir froid l’hiver ».
Heureusement que les vendeurs parlent le non-bricoleur : ça s’appelle un « joint de calfeutrage », qu’y m’ont dit.
Dès mon retour, à l’appart’, quelques semaines après mon achat, j’ai voulu installer ledit joint de calfeutrage sur les fenêtres de ma salle de bains.
Il y avait un petit dessin assez clair au dos de l’étui :
Mais voulant être sûre de mon coup, j’ai consulté quelques sites de bricolage.
Et là, mon cerveau s’est blobifié en quelques secondes.
Sur le premier site consulté, dont je tairai le nom parce qu’il n’y a pas de quoi être fier, après quelques explications ma foi assez simples, que lis-je ?
« Appliquez le joint autocollant là où il ne risque pas d’être arraché sans tirer dessus en le posant. Le mieux est de le fixer sur le dormant de la feuillure. »
Oui, voici le Graal du joint de calfeutrage, : « le dormant de la feuillure ».
Et je ne suis pas tombée sur un site intitulé « Les cahiers du bricolage » ni « Le côté obscur du bricolage ».
Non, j’ai consulté plusieurs sites qui reprenaient cette expression poétique et certains d’entre eux ne craignaient pas d’afficher l’adjectif « facile » dans leur titre !
Bref, refus devant l’obstacle, contournement et retour au dessin, qui est finalement très parlant… plus que le dormant en tout cas.
Je commence à dévider le rouleau de joints (eh eh !) et à mesurer le joint pour qu’il s’adapte à l’encadrement de la fenêtre.
Etape suivante : il me faut couper le joint et donc… utiliser le cutter.
Si à cette étape je n’ai pas repeint ma salle de bains en vermillon, on pourra dire que je m’en sors bien.
Si en plus je ne me pète pas d’ongles dans l’opération ni ne tache mes vêtements, je peux m’attendre à voir d’un instant à l’autre le portrait de la Vierge Marie s’incruster sur le verre cathédrale de ma fenêtre.
Et ce n’est pas fini.
Parce qu’avant de poser le joint, il faut enlever le ruban adhésif : où l’on découvre que la partie adhésive du joint a des affinités avec le lavabo… ah, et le mur aussi… et les cheveux ! Oui, c’est rigolo les cheveux, et c’est interactif, au bout il y a une personne qui dit aïe quand on tire dessus.
Après avoir mis fin de manière anticipée et péremptoire aux ébats du joint de calfeutrage, je réussis à le poser… là où il doit être posé (et non là où il aimerait être posé).
Et je découvre, non, j’ai la confirmation, que je suis infichue de tracer une ligne droite (ceci pourrait expliquer pourquoi je n’ai pas fait d’études scientifiques, mais passons).
En bout de course, et après moults décoller-recoller, je peux dire que j’ai calfeutré ma fenêtre.
Reste plus qu’à attaquer la 2e… et à répéter la même opération avec les autres fenêtres de l’appartement, lors de ma prochaine phase sadomasochiste.
Enfin, last but not least : il faut ranger ET nettoyer.
J’entends déjà les esprits taquins (pour ne pas dire masculins) prêts à dégainer un : « ça va, le ménage, c’est de ton ressort, tu devrais y arriver ».
Qu’ils s’abstiennent ou je pourrais faire breveter un nouveau modèle de rangement à balais… ambulant et souple, le modèle !
La prochaine fois, je vous expliquerai pourquoi acheter un radiateur d’appoint pour réchauffer un vieil appartement mal isolé tout en participant allègrement au réchauffement climatique, c’est bien aussi.
Galinette

Publié par galinette1976
Publié par galinette1976
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